Afin de bien comprendre le sentiment d’injustice il est intéressant d’aller se référer à son contraire, la justice. Par définition la justice se décrit comme la reconnaissance, le respect des droits et des besoins de chacun. À l’inverse, une personne souffrant de la blessure d’injustice ne se sent pas appréciée à sa juste valeur, ne se sent pas respectée et sent qu’elle ne reçoit pas ce qu’elle mérite.

 

Le Triangle de Karpman

Lorsque nos expériences sont teintées de cette blessure il devient très compliqué de tirer des leçons de l’expérience et de voir au-delà de notre souffrance. S’offrent alors à nous deux choix, deux positions.

Nous pouvons nous placer dans la peau d’une victime, qui subit : (« ce n’est pas de ma faute, pas de ma responsabilité, je n’y peux rien, je suis une victime, la vie est injuste » …) pouvant entrainer, entre autres, un fort sentiment d’impuissance au quotidien.

La personne peut également se placer en position de Sauveur afin de rétablir la justice pour soi ou pour les autres. Cette position peut être liée à la croyance qu’il « faut se battre pour y arriver dans la vie ».
Cela inclue le fait qu’il y a un troisième rôle à tenir, le bourreau, qui peut prendre plus d’une étiquette (les autres individus, la société, le gouvernement, la vie en général…). Cette lutte incessante contre le bourreau peut entrainer par exemple une colère récurrente vis-à-vis de celui-ci.

Trouver sa source

Le sentiment d’injustice peut avoir plusieurs sources et il appartient à vous de trouver son origine dans votre vie.

De façon générale le sentiment d’injustice découle d’un idéal très élevé, de soi, des autres et de la société. Les personnes ayant une tendance au perfectionnisme sont plus fortement impactées par l’injustice que les autres.
La dualité de la vie (bien /mal) est très présente chez ces personnes et lorsque le « mal » frappe à leur porte elles se sentent attaquées dans leur intégrité, être, personnalité et sont traversées par diverses émotions. À vous de les identifier et de les libérer en conscience.

Maintenant, si on remonte dans le temps, un enfant qui a eu le sentiment qu’on ne l’a pas laissé être lui-même, en le privant de spontanéité par exemple, ou bien lorsque les parents ont été trop exigeants envers lui, peut développer un sentiment d’injustice profond.
Ces enfants-là s’imprègnent de la croyance : « Je dois être parfait pour être aimé » (je ne suis pas aimé pour ce que je suis mais pour ce que je fais et ce qu’on attend de moi).

Une autre raison peut se glisser derrière tout cela, elle est en lien avec nos valeurs. Certaines personnes peuvent ressentir de l’injustice lorsqu’elles s’aperçoivent que leurs valeurs profondes ne sont pas partagées par les autres, la société… Qu’est-ce que ça me fait si la personne en face de moi a des valeurs différentes des miennes ?

Accepter la différence et l’imperfection des autres est seulement possible lorsque nous acceptons la nôtre avec amour. 

 

Besoins cachés

Et oui une fois encore derrière ce sentiment d’injustice ce cache un ou plusieurs besoins non conscientisés. Il est nécessaire d’identifier ses manques et ses propres besoins dans la situation que vous vivez comme injuste. Posez-vous alors la question : « De quoi aurais-je eu besoin à ce moment-là pour me sentir mieux ? »

Parfois il s’agit d’une intolérance à la frustration, lorsque par exemple nos besoins ou envies ne sont pas satisfaits par la vie et ses événements qui la compose.

Pour celui qui se glisse dans la peau du Sauveur ce peut être également le besoin de reconnaissance : « Je suis aimé pour les actions que je pose, pour mon aide que je propose ou impose ».  😉

Parfois le lâcher prise peut venir du simple fait de reconnaitre notre déception face à notre idéal (des autres, de la société, de nous). Accepter l’imperfection de ce monde est le plus beau chemin pour retrouver la paix en soi. Il en va de notre responsabilité de changer notre regard face à ce qui nous arrive « d’injuste ».

Et si c’était juste finalement ? Pour me faire grandir, évoluer, changer de vision, être plus compatissant avec mon prochain … et si cette situation voulait m’apprendre quelque chose ? était là pour mon plus grand bien ?

 

« La chose la plus précieuse que vous pouvez faire est une erreur. Vous ne pouvez rien apprendre en étant parfait ». Adam OSBORNE

 

– Prenez soin de vous –